1 mars 2017

Projet Cuisine rapide, dangereusement santé et délicieuse : vidéo et cuisine font définitivement bon ménage!


Christine Thoër et Vincent Ouellet lors de la présentation des résultats de l'étude

En avril 2016, on vous parlait du projet Cuisine rapide, dangereusement santé et délicieuse, mis en place par Vincent Ouellet, professeur de Sciences au Collège Mont-Royal.
Ce projet avait retenu l’attention du Centre de recherche communication et santé de l’UQAM, qui s’intéresse notamment au rôle du vidéo sur la transmission des saines habitudes alimentaires auprès des jeunes.
Après près d’un an d’enquête, de questionnaires et de rencontres avec les élèves, le Centre de recherche communication et santé de l’UQAM a rendu ses conclusions. Vidéo et cuisine s’accordent définitivement bien ensemble!

Apprendre grâce au vidéo

91,5%  des élèves ont aimé réaliser des capsules vidéo dans le cadre de leur cours de Sciences. Un résultat qui ne surprend pas Vincent Ouellet puisqu’il nous déclarait déjà en 2016 : « Ils (les élèves) adorent ça! Ils me demandent même d’en faire plus! ». Un succès qui en fait rêver plus d'un!


Si tout au long de l’année ils ont travaillé sur 3 capsules vidéos – une première sur le thème de l’Halloween pour se familiariser avec les différentes étapes de préparation / réalisation, une deuxième sur la recette de cuisine, puis une troisième sur le sucre – c’est définitivement celle sur la recette qu’ils ont préférée. « Cette capsule leur permettait de miser sur le plaisir : le plaisir de parler des bons petits plats qu’ils aiment, de faire la cuisine ensemble, de partager le repas » explique Christine Thoër, responsable de l’étude.


Préparer les recettes leur a également permis d’explorer de nouveaux aliments. Christine se souvient plus particulièrement du smoothie gris. « Lors de la préparation hebdomadaire du smoothie, une équipe a décidé d’utiliser de la glace au sésame noir, teintant ainsi leur mélange en gris. Si la couleur du breuvage en rebutait certains, ils ont tous goûté et, pour la plupart, ont découvert une nouvelle saveur qu'ils ont aimée ».


Enfin, la production des capsules les a amenés à faire des recherches sur les propriétés nutritionnelles des aliments pour s’assurer qu’elles répondaient aux critères établis d’une recette « dangereusement santé et délicieuse ». « Plusieurs ont souligné qu’en procédant ainsi ils avaient appris sans même s’en rendre compte » note Christine.


Quant à savoir s’ils ont aimé tourner la vidéo parce qu’ils cuisinaient ou s’ils ont aimé cuisiner parce qu’ils réalisaient une vidéo, difficile à dire : « Cela varie selon les jeunes. Certains s'intéressent à la cuisine au travers du vidéo et découvrent que c'est amusant de cuisiner, d'autres sont plus interpelés par les recettes, les smoothies, et découvrent le vidéo ».



L’intérêt des ados stimulé

La motivation et le plaisir soulignés par les élèves s’expliquent par la combinaison de cinq paramètres qui stimulent l’intérêt des ados.


Apprendre par l’expérience
S’ils ont l’habitude de regarder des vidéos, de se les échanger, voire de se filmer, peu passent le pas de réaliser un vidéo, avec toutes les étapes que cela comporte : scénarisation, découpage des plans, préparation, tournage… Avec ce projet centré sur la pratique, ils ont appris à faire passer un message structuré, réfléchi à travers la production de contenus visuels de qualité. Ils ont aussi compris les principes d’organisation et d’anticipation pour préparer des recettes.


Être en gang
Produire un vidéo est un travail d’équipe, où chacun a ses responsabilités. Mais plus que cela, les spectateurs qui étaient présents lors des tournages, ou les amis d’autres classes qui s’intéressaient à leurs projets, rendaient l’expérience encore plus collective et stimulante. « On a eu du fun! » ont-ils été nombreux à faire remarquer, même quand le temps était venu de faire la vaisselle : « à plusieurs, c’est plus drôle! ».


Exprimer sa créativité
Les jeunes avaient une totale liberté d’expression dans la mesure où ils respectaient un cahier des charges somme toute peu restrictif (la recette devait être préalablement approuvée par Vincent Ouellet, les plans ne devaient pas excéder 7 secondes pour assurer un rythme dynamique). À toutes les étapes du projet – rédaction du scénario, sélection des recettes, des lieux de tournage ou des éventuels effets spéciaux… - ils ont pu pleinement exprimer leur créativité. C’est ce qui a permis d’obtenir en fin de parcours une grande variété de projets, de la démonstration à la réplique d’émission de cuisine.


Être autonomes
À l’âge ou l’on veut prouver ses capacités, l’absence de supervision rapprochée des adultes a de quoi motiver! À eux la responsabilité de planifier les tournages, acheter les ingrédients des recettes, préparer les plats, s’approprier les espaces scolaires… Même si certains ont fait remarquer que cette autonomie leur pesait quand ils rencontraient des problèmes techniques : ils auraient alors préféré que le professeur se rende disponible pour les aider plutôt que d’aller chercher des ressources sur Internet ;-). La recherche d’autonomie a ses limites…


Se distinguer
Produire des capsules requiert la combinaison de multiples talents. C’est autant d’opportunités de se démarquer dans des registres différents. Et comme « tout le monde a quelque chose à dire sur la cuisine », aiment à souligner les élèves, il devient plus facile pour chacun d’oser s’exprimer.



Au final, cette expérience est bénéfique à plus d’un titre pour les élèves. Côté vidéo, ils ressortent enrichis de nouvelles compétences qu’ils se plaisent à réutiliser dans d’autres matières. Côté cuisine, ils ont réalisé que préparer un repas est bien plus facile qu’il n’y paraît. D’ailleurs, à la fin de l’année, plus de 90% des élèves étaient capables de citer et d’organiser les étapes de préparation d’une salade et d’un smoothie.


Pour en savoir, visionner les vidéos: Local 211, le site du projet

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